[Supa Pivot Country Club] La tanière des polyglottes

Alors je crois qu’on ne parle pas de la même chose et que je n’ai pas été clair, je vais essayer de clarifier. Moi je parle de ça:

donc un “ne” qui ne transforme pas une proposition positive en négative.

exemple: Je craignais que mes soins ne fussent mauvais. »

autre exemple: « Un Lièvre en son gîte songeait (Car que faire en un gîte, à moins que l’on ne songe ?) »

Je me trompe peut-être mais je vois ça une marque de langage soutenu, un peu comme le L apostrophe qu’on ajoute devant “on” dans certaines tournures de phrases (exemple : “quoi que l’on fasse” plutôt que “quoi qu’on fasse”). Il me semble que les deux sont facultatifs grammaticalement parlant, contrairement au “ne” de négation dont l’absence à l’oral comme à l’écrit peut valoir de se faire taper sur les doigts par un prof de français.

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@Nuage OK. J’ai du mal à saisir ce qui t’emmerde. En gros, tu voudrais supprimer les tournures de grammaire française qui sont là pour améliorer le rythme et la mélodie de la phrase mais n’ont aucune valeur productive ? Tu deviens macroniste ?

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On dirait une Suica la miniature de Bescherelle.

Sinon, OK, je vois de quoi il s’agit, et effectivement c’est uniquement quand la phrase a une tournure négative. “J’ai peur qu’il n’échoue” par exemple.

OK, je trouve ça un peu vieilli/désuet c’est clair.

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Je pense que le mépris du subjonctif et des formes composées complexes est justement une facilité qu’il faut absolument combattre, et je m’en rends compte au fur et à mesure de mes discussions dans d’autre langues. Les francophones ne mesurent pas la chance qu’ils ont de pouvoir moduler à ce point les verbes pour fluidifier et préciser leur propos. Je pense qu’il faut absolument défendre le plus-que-parfait du subjonctif contre les cons qui cherchent à le faire disparaître parce qu’ils ne savent pas l’utiliser et préfèrent punir (socialement) celles et ceux qui tentent de faire des efforts. Tu as cerné le bon combat à mener, mais je pense que tu cherches la mauvaise solution.

En tout cas, c’est un sujet qui me tient plus à cœur et qui me semble plus important que le destin du “ne” explétif. Comme vous, le je trouve ampoulé, mais je dois vous avouer que dans un cas comme les “comparaisons d’inégalité” décrites par la JR ci-dessus, il me manquerait plus qu’il ne me dérange.

Je vois ! Merci pour vos contributions ça m’intéresse vraiment beaucoup d’avoir votre avis là dessus : D

Mais je note à part ça que Chaz cherchait à enlever le Ne de négation à un certain moment de sa vie. Et là, je dis non.

Est-ce qu’il ne faudrait pas ajouter un mode facile à l’imparfait du subjonctif ?

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Chaz > Personnellement l’abandon de cette possibilité de précision me pose problème. Plus que le ne explétif, rassure toi !

Le truc c’est qu’on est face à quatre possibilités j’ai l’impression:
-soit, perdre cette précision et une bonne concordance des temps.
-soit l’utiliser quand même, mais ca me semble insurmontable tellement même dans un texte littéraire c’est cauchemardesque. Ca donne une teneur vieillotte ringarde passéiste reloue à lire.
-soit penser à une version moderne. Mais, bon courage… : (

C’est là que mes deux first world problems ne sont rejoints dans un quatrième point (débile):
*utiliser le ne explétif uniquement pour montrer que normalement il faudrait un imparfait ou un plus que parfait.
Exemple:
Normalement on a ça:
-il fallait qu’il chantât une nouvelle chanson.
J’aurais tendance (et avec dégout) à mettre:
“il fallait qu’il chante une nouvelle chanson.” Même dans un texte…
Je propose pour mon nouveau mandat à la tête de l’académie francaise, de forcer tous les étudiants de france à écrire
“Il fallait qu’il ne chante une nouvelle chanson.”

En vrai je dis ça parce que ca m’a traversé l’esprit, mais j’ai besoin d’un garde-fou.

Pour reprendre l’analogie astucieuse de Youloute, j’ai une question de debug toute bête. Tu ferais comment avec la forme négatif du subjonctif ? Tu doublerais le « ne » ? Il fallait qu’il ne ne se contente pas pas de chanter ses meilleurs tubes ?

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Il ne fallait qu’il ne chante ? :x:
J’avoue que ca prête à confusion.
Il fallait qu’il ne ne chante (pas) serait la bonne réponse pour rester dans l’esprit… Ca ne ne me choque pas tant ça, mais j’ai mal à la tête.

Pour moi c’est soutenu mais absolument archaïque ou obsolète.

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Je ne sais pas si tu fais ça en vue d’une application concrète ou si c’est purement théorique, mais dans le premier cas, le problème c’est que, bonne idée ou pas, personne ne comprendra cette forme parce que personne ne l’utilise.
J’enfonce une porte ouverte, mais une langue sert à communiquer, et ça marche mieux quand on emploie des formes que tout le monde connaît et reconnaît.

En tout cas, en l’état actuel des choses, je ne vois pas où est le problème avec “il fallait qu’il chante une nouvelle chanson.”. Il n’y a même pas de perte d’information par rapport à “il fallait qu’il chantât” vu que toutes les indications temporelles dont on a besoin sont données par le verbe de la principale (mais il y a peut-être d’autres cas plus problématiques, j’ai pas tellement réfléchi à la question).

Mais en fait, je crois que je dirais plutôt : “il devait chanter une nouvelle chanson”.

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Complètement d’accord sur la solution que je proposais ; D

Pour le reste je ferai un post allant plus en profondeur plus tard, j’ai clairement pas assez travaillé hier aprem avec ces bêtises… Mais merci pour vos contribution !

Ce n’est pas pour insister sur Obra Dinn mais Ars Technica a un entretien intéressant avec Pope sur les problèmes de design qu’il a connu au moment de (faire) traduire le jeu.

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je ne sais pas si cette question a sa place ici ou dans un topic technique mais si vous avez une piste pour répondre à cette question :

Is there a term describing the fallacy of equating a video game or board game AI with having real world applications and AGI capabities. For example, a chess algorithm that wins chess does not mean it can master strategy in corporate or military environments. Does anybody know what this term is?

Reason I ask is because I’m considering writing about the fetish of video games in AI research. https://deepmind.com/blog/alphastar-mastering-real-time-strategy-game-starcraft-ii/

Ton interlocuteur ou interlocutrice devrait fouiller là-dedans :

Je dirais que c’est au choix du sophisme de composition (ou fallacy of composition) ou tout bêtement une généralisation (generalization).

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Je vois régulièrement passer des bio de personnes anglophones dans lesquelles est écrit “he/him”, she/her" ou encore “they/them” pour les personnes qui se considèrent de genre neutre. Je comprends bien que c’est pour indiquer le genre, mais je me demande s’il y a une raison à l’emploi de 2 pronoms personnels plutôt que d’un seul ? C’est juste une convention ou bien ?

Si je ne m’abuse c’est une convention qui est née pour s’accommoder des “nouveaux” pronoms, les neutres inventé par ceux qui veulent s’affranchir du genre binaire et ont donc commencé à préciser Xe/Xir et autres, liste explicative nécessaire vu le côté un peu inhabituel du truc, et la convention a été suivie pour les vieux pronoms.

Ce que je comprends, c’est que les pronoms inventés Xim Xer sont tombés en désuétude, et on est revenus sur him/her/them.
Toutefois, dans les non-binary, il y a aussi les he-them et les she-them, je crois ? Les gens qui présentent masculin/féminin et qui ne sont pas dans une logique de pure transition, mais qui essaient des choses hors des sentiers battus des genres rigides de leurs parents ?

Pour être tout à fait honnête, je suis ça de loin en hochant la tête comme je suis Fortnite et Instagram pour pas être un vieux con, mais ça me dépasse un peu. Ça fait de mal à personne et ça les rend contents, tant mieux (tant que ça reste dans la zone anglo-saxonne, parce que faire ce genre de jeu dans une langue romane, bonjour).

Merci pour vos éclaircissements !